vendredi, 09 décembre 2005
Welkom in Vlaanderen (3)
Suite au tollé francophone suscité par la mesure flamande qui impose à chaque demandeur de logement social au nord du pays d'apprendre le néerlandais, le Ministre en charge du dossier, Marino Keulen, s'explique dans la presse.
Et au lieu de convaincre, il s'enfonce : telle que présentée, sa proposition est non seulement obscurantiste, elle en devient carrément socialiste (ce qui, à maints égards, est encore pire).
Pour faire passer la pilule, l'excellence proclame avec force qu'il s'agit d'une mesure "sociale" ! Rien de tel en effet pour se mettre les belles âmes dans la poche : il faut se placer sur le plan moral... Le "social", c'est bien, et tout le monde est pour, non ?
Reste à montrer en quoi interdire à un non-néerlandophone d'accéder au logement social est, précisément, "social".
Lisons M. Keulen :
"Pour nous, il s'agit avant tout d'améliorer les conditions de vie dans les quartiers. C'est une mesure sociale! A Anvers, dans certaines familles, les seuls interlocuteurs possibles pour les sociétés de logement social sont des gamins de 10 ou 11 ans, parce que personne d'autre ne parle le néerlandais, et les voisins ne se comprennent pas entre eux. Ce n'est quand même pas idéal!"
Dans Le Soir, le Ministre voit plus loin :
"Ces personnes [c'est-à-dire les locataires qui ne parlent pas néerlandais] ont choisi de vivre ici et de rester en Flandre. Comment rester les bras croisés ? Nous ne voulons pas de ce modèle de société. Ca, c'est de la ségrégation. Aujourd'hui, ces personnes sont incapables de communiquer avec leurs voisins, les responsables des logements sociaux ou le boulanger du coin. [...] Leur handicap linguistique [...] les empêche de participer pleinement à notre société."
On y est : ces locataires non-néerlandophones sont des "handicapés"... Il faut les recadrer, les soigner, les éduquer et faire en sorte qu'aucune tête ne dépasse.
Le voilà, le "social" à la sauce flamande : un nivellement coercitif et un égalitarisme culturel à cent mille lieues des libertés individuelles.
Et l'outil utilisé pour mettre en oeuvre ce projet inquiétant ? Le logement dont l'Etat est propriétaire.
18:45 Publié dans Politique belge | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note





Commentaires
Je ne serais pas aussi catégorique, mon cher Climax.
A partir du moment où quelqu'un décide de faire toute en partie de sa vie dans un pays avec en plus le recours à l'arsenal social de ce pays, on peut quand même s'attendre à ce que cette personne fasse un effort d'apprendre la langue du pays en question non ?
Plus politiquement, je pense que ce type de mesures affaiblit le VB, ce qui est certainement une bonne chose.
Ecrit par : BlogMan | mardi, 13 décembre 2005
On peut penser en effet qu'ils apprendront la langue, ce qui confirme l'inutilité de la coercition flamande.
Le logement social n'est qu'un instrument politique de la pire espèce : soumettre l'obtention d'un logement à l'apprentissage d'une langue est ignoble.
Quant à l'affaiblissement du VB, cela fait des années que le discours des partis démocratiques flamands se radicalise... et le VB ne cesse de monter à chaque élection...
Ecrit par : climax | mardi, 13 décembre 2005
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