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vendredi, 28 juillet 2006
Primes à la rénovation
Les primes à la rénovation sont un petit jouet constructiviste que manipule avec plaisir la Région de Bruxelles-Capitale...
Il s'agit de faire croire aux bénéficiaires qu'ils reçoivent un cadeau des autorités, alors qu'en réalité, ils touchent sous forme de subvention l'argent d'un autre pour autant qu'ils respectent les canons esthétiques et environnementaux decrétés par quelques fonctionnaires.
L'application des textes, particulièrement arides, s'avère ardue. Chaque parti politique qui les a soutenus est parvenu à imposer sa marque, histoire de satisfaire sa clientèle électorale.
Au final, il est question de travaux prioritaires et non prioritaires, de primes plus élevées si le logement se trouve (pour schématiser) dans des zones plus défavorisées (là où on vote plutôt PS),et de niveaux de revenus imposables qui influencent négativement l'intervention régionale s'ils sont élevés.
En bref, retenons qu'un couple qui gagne à peu près normalement sa vie ne touchera rien pour faire remplacer ses châssis, alors qu'un allocataire social pourra placer des doubles vitrages aux frais du contribuable (en effet, personne n'ignore qu'une personne à faible revenu a pour priorité absolue le placement de doubles vitrages).
Inutile de dire que pour se retrouver dans cette jungle réglementaire, une armée de fonctionnaires a été recrutée.
Mais la Ministre en charge de ce dossier chaud, Evelyne Huytebroeck, compte réformer le système. Elle propose de frapper un grand coup : ne pas accorder de primes pour les châssis en PVC.
Pourquoi donc veut-elle défavoriser ce matériau peu coûteux, isolant et très prisé ?
C'est simple : Mme Huytebroeck trouve que le PVC, c'est pas joli, alors plus de prime pour les citoyens qui manquent de goût.
La Ministre, elle, sait ce qui est beau et tient à inculquer son esthétique à la population en frappant où ça fait mal, au portefeuille.
23:55 Publié dans Politique belge | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note





Commentaires
Climax, ta veille estivale nous vaut des billets d'excellente facture et tu partages avec Jean-François Revel la capacité à dénoncer les aberrations les plus ineptes de la social-démocratie tout en faisant rire tes lecteurs, ce qui est tout de même assez exceptionnel !
Bien à toi,
Drieu
Ecrit par : Drieu | samedi, 29 juillet 2006
Les primes et les taxes en tous genre qui touchent à l'habitat sont une source de joie éternelle pour les amoureux du surréalisme.
Ainsi donc, par exemple, depuis janvier 2006 les communes se sont vu attribuer la responsabilité de collecter la taxe sur les immeubles inoccupés (ce qui était une compétence de la région avant cela). La volonté affichée de cette taxe est d'empêcher la spéculation.
Chacun sait évidemment qu'en Wallonie en particulier, les propriétaires rêvent de spéculer sur les immeubles qu'ils possèdent à Seraing bas, à Saint Nicolas ou à Herstal et se frottent les mains en songeant aux bénéfices plantureux qu'ils vont pouvoir tirer de la vente de leurs maisons ouvrières (à deux étages, sans jardin, et avec vue sur Cockerill ou sur la FN), une fois que les prix du marché auront explosés suite à une demande effrénée.
Ce qui est amusant, c'est que la commune est également compétente pour accorder les permis de rénovation ou de démolition concernant ces immeubles. Elles décident donc de qui doit passer au tiroir caisse, tout en ayant toutes les cartes en main pour empêcher les propriétaires de tels immeubles de rénover leur bien (une de mes connaissances en est à son cinquième permis refusé, avec frais de dossier, frais d'architecte, etc ... à débourser à chaque fois).
Il existe des recours contre la taxe sur les immeubles inoccupés si vous pouvez démontrer que l'inoccupation est indépendante de votre volonté. Et là encore, qui juge de ces recours ? Bien évidemment la commune. Jouissif non ? La voici en possession d'un moyen supplémentaire de vous racketter pour l'éternité (ou de vous forcer à vendre, si votre tête de revient pas aux quelques fonctionnaires encartés qui officient au bureau de l'urbanisme).
Et à Liège (par exemple), on s'étonne d'avoir perdu 50.000 habitants en quarante ans et on pleurniche sur le nombre d'immeubles abandonnés rien qu'au centre ville.
Ecrit par : Rudolf Menthol | samedi, 29 juillet 2006
Bien vu, Drieu !
Toutefois, au regard de certaines de vos tribunes libres (ainsi, récemment dans La Libre Belgique), il me semble que vous défendez des positions finalement pas si éloignées que cela de la social-démocratie: ainsi en va-t-il du chèque logement - qui est l'une des grandes antiennes tant du MR que du cdH.
Dans cet ordre d'idées, pourquoi ne pas dès lors défendre un chèque-rénovation ;-)
Ecrit par : roubachov | samedi, 29 juillet 2006
Pour ceux d'entre vous qui auraient vécu des exemples de la rénovation en question, il faudra noter quelques aspects positifs des mesures, voulues plutôt "électoralistes" au départ:
- ça exige de ne pas confier ces travaux à des groupes de rénovateurs "au noir" (exigence vite contournée par des entrepreneurs prête-noms mafieux, qui sous-traitent ardemment aux pauvres esclaves polonais...). Cas observé 3x !
- ça encourage à faire travailler le secteur de la construction qui en a bien besoin, sinon qu'il manque cruellement de la qualité de main d'oeuvre dont il a besoin sans guère la trouver...
- ça pompe drôlement plus dans les budgets régionaux que ce qu'ils avaient imaginé au départ, et en années électorales il est mal vu de pomper davantage dans la poche de ceux qui "supportent les coûts publics" sans bénéficier desdites primes! Donc haro sur la source principale: PVC.
Quant à Huytebroeck ... bof, une écolo ne peut supporter que le PVC ça puisse venir du pétrole plutôt que de l'essence de pâquerettes, que ce n'est guère recyclable, etc. Problème: elle n'a pas songé à la dangerosité potentielle de certaines peintures? Ah, ici c'est la Nième Directive UE qui veille au grain, car avec REACH & Co, y va plus y avoir de matériaux de substitution possibles! Retour au bon moyen-âge, là au moins nous dit-on il n'y avait pas de réchauffement climatique, rien que du froid hivernal.
Ecrit par : Immeuble X | samedi, 29 juillet 2006
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