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mardi, 01 août 2006
L'Atomium sans subsides ?
Est-il possible d'évoluer dans le milieu socio-cultureux bruxellois et de garder une certaine indépendance d'esprit ?
A priori, on pourrait le croire, à lire une déclaration inhabituelle dans la bouche d'un acteur culturel; elle émane de Diane Hennebert, directrice de l'asbl Atomium, qui gère les célèbres boules en inox.
Dans La Libre Entreprise de ce week-end, elle s'exprime en effet ainsi : "Les lieux culturels doivent garder une autonomie de gestion par rapport au politique. A la limite, mieux vaut ne pas avoir de subsides".
Dommage cependant que ce principe plein de bon sens ne soit pas d'application à son association...
Contrairement à ce qu'affirment l'article visé ci-dessus et Mme Hennebert dans un article du Journal du Mardi, l'asbl Atomium est bel et bien subsidiée, notamment via Beliris (soit l'accord de coopération entre Bruxelles et le fédéral, qui vise à encourager le rôle de capitale de la ville), le Gouvernement bruxellois et la Ville de Bruxelles.
Les statuts de l'association (article 33) prévoient d'ailleurs expressément la possibilité de "solliciter et de percevoir des subsides".
Qu'il s'agisse de subsides d'investissement et non de fonctionnement (pour autant que la nuance ait un sens) ne change rien à l'affaire : l'Atomium existe grâce à la générosité contrainte du contribuable.
Bref, faites ce que je dis, pas ce que je fais !
12:03 Publié dans Culture citoyenne et subventionnée | Lien permanent | Commentaires (25) | Envoyer cette note





Commentaires
C'est un cercle vicieux.
Etant administrateur d'une paire d'ASBL, certaines d'entre elles ne peuvent exister sans les subsides. Il est clair que si je pouvais (et d'autres) les financer je prefererai ce système. Même si le reste du CA est sans doute pas de cet avis ;-)
La question qui se pose est comment faire pour se désengager du système. La fin des subsides de manière brutale risque de détruire des ASBL qui seraient viables même sans subside vu que la baisse de l'imposition - que les gens pourraient réinvestir - ne se ferait pas sentir tout de suite. Il faut une fin programmée à terme (qq années maximum) afin d'en venir à une situation de concurence entre les ASBL qui se financeraient de manière privée. Il y a fort à parier que des fusions d'ASBL veraient le jour (il y a pas mal de redondance pour des raisons parfois ridicules)
Par où commencer ? L'idéal serait de sabrer là où l'impact serait le moins direct sur les ASBL : Les fonctionnaires qui les controlent, examinent les dossiers de subsides, ... ce qui permettrait une première baisse d'impot qui dès que l'effet s'en fait ressentir sur les individus peuvent commencer à les réinvestir dans leurs ASBL et poursuivre comme cela.
Une deuxième chose est le mécenat ou le sponsoring qui ne sont absolument pas (plus) d'un niveau correct en Belgique. La plus grosse source de sponsoring d'antan, c'était les cigarettiers et depuis qu'il ne peuvent plus sponsoriser, c'est la course aux subsides. Si j'étais mauvaise langue, je pourrais croire qu'il y avait un but caché à l'interdiction de la pub pour le tabac, c'est de rendre les gens dépendant de l'Etat
Mais bon, à mon avis, ça risque plutôt de se passer de manière brutale quand les caisses seront vides ;-)
Ecrit par : PVB | mardi, 01 août 2006
@PVB
"Si j'étais mauvaise langue, je pourrais croire qu'il y avait un but caché à l'interdiction de la pub pour le tabac, c'est de rendre les gens dépendant de l'Etat"
Mouhahahah, sait-on jamais.
Ecrit par : TheLifeOfBrian | mardi, 01 août 2006
"Il faut une fin programmée à terme afin d'en venir à une situation de concurence entre les ASBL qui se financeraient de manière privée."
S’il n’y a pas de but lucratif, en quoi consisterait véritablement la concurrence ?
Ecrit par : Ramon Cortizone | mardi, 01 août 2006
@ Ramon : nombre d'associations n'ont d'asbl que le nom... Pour reprendre le cas de l'Atomium, il est évident qu'elle se trouve en concurrence, sur le plateau du Heizel, avec d'autres "attractions culturo-touristiques" comme Bruparck ou Kinepolis.
Ecrit par : climax | mercredi, 02 août 2006
"S’il n’y a pas de but lucratif, en quoi consisterait véritablement la concurrence ?"
La seule différence entre une association et une entreprise commerciale, c'est que les revenus ne sont pas individuellement appropriables. Mis à part les rares cas où une association sert à solutionner un problème de "bien public" face auquel une entreprise commerciale est inadaptée, les associations fournissent à leurs mécènes ce que l'on peut appeler un "revenu psychique". La concurrence s'établit donc via la maximisation du rapport revenu psychique/investissement.
Ecrit par : Molinari | mercredi, 02 août 2006
« Pour reprendre le cas de l'Atomium, il est évident qu'elle se trouve en concurrence, sur le plateau du Heizel, avec d'autres "attractions culturo-touristiques" comme Bruparck ou Kinepolis »
Plus ou moins, oui. Encore qu’on peut ergoter sur la pertinence de considérer comme concurrentes les entrées d’un monument national, d’un parc aux attractions connaissant des succès respectifs plus que variés et d’un simple complexe de cinémas.
Quelle serait la légitimité de rendre concurrentiel un monument plus ou moins historique ? Je veux bien qu’on s’arrange pour que son entretien coûte le moins cher possible au contribuable, qu’on fasse des t-shirts pour les vendre à la sortie, qu’on aille le faire sponsoriser par les banques MAIS… si on ne rentre pas dans les frais, on fait quoi ? On le dynamite ?
Ecrit par : Ramon Cortizone | mercredi, 02 août 2006
"Quelle serait la légitimité de rendre concurrentiel un monument plus ou moins historique ? Je veux bien qu’on s’arrange pour que son entretien coûte le moins cher possible au contribuable, qu’on fasse des t-shirts pour les vendre à la sortie, qu’on aille le faire sponsoriser par les banques MAIS… si on ne rentre pas dans les frais, on fait quoi ? On le dynamite ?"
On le vend.
Ecrit par : Jacabou | mercredi, 02 août 2006
Et si personne n'en veut (puisque trop de frais)?
Ecrit par : Ramon Cortizone | mercredi, 02 août 2006
Bonne question ça. Dans un contexte de privatisation totale de tout (soyons fous), qu'est-ce qu'on fait de ce dont personne ne veut ?
L'atomium, ça peut se revendre au prix de la tole à un ferailleur
Ecrit par : PVB | mercredi, 02 août 2006
"Et si personne n'en veut (puisque trop de frais)?"
Si personne ne veut acheter quelque chose que personne ne veut voir, en effet, je ne vois guère d'autre solution que le démontage...
Ecrit par : climax | mercredi, 02 août 2006
"Bonne question ça. Dans un contexte de privatisation totale de tout (soyons fous), qu'est-ce qu'on fait de ce dont personne ne veut ?"
Un bien dont personne ne veut redevient simplement non-approprié. La seule question qui se pose dans ce cas, c'est celle relative à la "pollution", autrement dit lorsqu'un "bien" devient un "mal". Et les problèmes de pollution sont résolus par la définition des droits de propriété, donc par "un contexte de privatisation totale".
Ecrit par : Molinari | mercredi, 02 août 2006
Puisque tout cela est purement théorique, allons jusqu’au bout : imaginons que personne ne veuille acheter un bâtiment ayant pourtant un certain intérêt historique. A partir de quel moment, ce bâtiment peut-il être considéré comme « pollution » ? Qui a la légitimité pour décider de le détruire ? Le poids historique pèse-t-il plus lourd ou moins lourd que le poids économique ?
Ecrit par : Ramon Cortizone | mercredi, 02 août 2006
Un bâtiment ne peut avoir "un certain intérêt historique" que pour une personne ou pour plusieurs personnes. S'il ne se trouve pas une personne pour qui le bâtiment a "un certain intérêt historique", alors il n'a pas d'intérêt historique. Si vous êtes cette seule personne, soit vous l'entretenez, soit vous vous taisez. Vous n'avez pas légitimité d'en faire peser la charge sur d'autres individus. Pour être complet, c'est aux juges que revient la tâche de définir précisément les droits de propriété quand un conflit émerge.
Ecrit par : Molinari | mercredi, 02 août 2006
Pour ajouter un petit mot aux réponses de Molinari, je n'ai qu'une confiance modérée en l'Etat pour qu'il détermine ce qui a ou ce qui n'a pas un intérêt historique... Souvenez-vous de la Maison du Peuple de Victor Horta, démolie dans les années 60.
Ecrit par : climax | mercredi, 02 août 2006
c'est beaucoup trop radical de dire qu'il ne faut rien subsidier. Je travaille notamment dans un collectif d'artistes multimedia et nous avons une reconnaissance internationale qui profite à l'image de ceux qui nous subventionnent (Vlaamsgemeentschap, la CF comprend rien aux nouvelles technologies, pas faute d'avoir essayé, mais c un autre débat). Si notre travail devait être suffisamment rentable pour vivre, nous ne pourrions tout simplement plus continuer notre recherche. Et le travail produit serait moins bon. Comparez l'esbroufferie genre Art on Cows (si on peut appeler cela de l'art). Ca c'est probablement rentable au prix ou coute une vache pinturlurée. Par contre l'intérêt artistique est inférieur au zéro absolu.
Merci donc de ne pas remplacer le noir par le blanc, et de chercher dans les tonalités de gris vos prises de positions.
Ecrit par : Alexandre Plennevaux | mercredi, 02 août 2006
« S'il ne se trouve pas une personne pour qui le bâtiment a "un certain intérêt historique", alors il n'a pas d'intérêt historique. Si vous êtes cette seule personne, soit vous l'entretenez, soit vous vous taisez. »
Donc, le jour où l’Atomium n’intéresse plus personne, c’est aux nostalgiques de l’Expo 58 à l’entretenir. Sinon, on démonte ? Quid si ces « nostalgiques » n’ont pas les ressources nécessaires pour l’entretien ? N’avez-vous jamais entendu parler de bâtiments qui tombent en désuétude touristique et rencontrent pourtant à nouveau de l’intérêt quelques rénovations plus tard ? Et pourquoi diable devrait-on se taire si on n’est pas d’accord avec une majorité ? Plenevaux a raison : un peu de nuance ne fait pas de mal. Si chaque attraction touristico-historique devait son existence à son unique succès économique, je ne suis pas sûr qu’il y resterait beaucoup de vieilles choses debout.
Ecrit par : Ramon Cortizone | mercredi, 02 août 2006
@ Alexandre : votre commentaire illustre bien le caractère injuste par nature de la subsidiation, dénoncé en son temps par Bastiat.
http://bastiat.org/fr/cqovecqonvp.html#theatres_beaux_arts
Pourquoi votre collectif est-il subsidié et pas une autre activité humaine comme, par exemple, un commerce quelconque ?
Vous le dites vous-même : "Si notre travail devait être suffisamment rentable pour vivre, nous ne pourrions tout simplement plus continuer notre recherche"
Un quidam qui ouvre son magasin ne gagne pas sa vie directement, un investisseur ne touche pas directement les fruits de son investissement... Pourquoi ne seraient-ils pas subventionnés et vous oui ?
"Par contre l'intérêt artistique est inférieur au zéro absolu"
C'est votre avis (c'est le mien aussi d'ailleurs), mais pas celui des autorités qui ont subsidié Art on Cows... Quelle est la légitimité des pouvoirs publics pour décider de ce qui est digne d'être financé par les contribuables ?
Enfin, tout ceci, Bastiat le dit mieux que moi :
"Il y a d'abord, pourrait-on dire, une question de justice distributive. Le droit du législateur va-t-il jusqu'à ébrécher le salaire de l'artisan pour constituer un supplément de profits à l'artiste? M. Lamartine disait: « Si vous supprimez la subvention d'un théâtre, où vous arrêterez-vous dans cette voie, et ne serez-vous pas logiquement entraînés à supprimer vos Facultés, vos Musées, vos Instituts, vos Bibliothèques? » On pourrait répondre: « Si vous voulez subventionner tout ce qui est bon et utile, où vous arrêterez-vous dans cette voie, et ne serez-vous pas entraînés logiquement à constituer une liste civile à l'agriculture, à l'industrie, au commerce, à la bienfaisance, à l'instruction? » Ensuite, est-il certain que les subventions favorisent le progrès de l'art? C'est une question qui est loin d'être résolue, et nous voyons de nos yeux que les théâtres qui prospèrent sont ceux qui vivent de leur propre vie."
Ecrit par : climax | mercredi, 02 août 2006
S'il ne se trouve pas assez de nostalgiques de l'expo 58 pour entretenir l'Atomium, c'est le meilleur signe possible que cet ouvrage n'intéresse plus la population. Si vous estimez que des bâtiments, tombés en désuétude touristique, retrouveront de l'intérêt dans quelques années, je vous invite à les acheter: vous ferez une excellente affaire.
Mais si ni vous, ni personne d'autre ne veut les acheter, c'est sans doute parce qu'ils ne valent rien, et je ne vois pas pourquoi je serais heureux qu'un quelconque mandarin politique achète, avec mon argent, des choses qui ne valent rien, sous prétexte qu'à son avis, ces choses sans valeur présentent néanmoins un "intérêt historique" (pour qui ? pourquoi ?).
Il en a toujours été ainsi : des bâtiments jugés importants à une époque donnée perdent tout intérêt ensuite, et ils disparaissent, pour être remplacés par d'autres. Nous ne vivons plus dans le Bruxelles du XVIIIème siècle, et c'est fort heureux. La volonté de préserver à tout prix des choses vieillies qui n'intéressent plus personne est une sorte de conservatisme morbide de civilisation déclinante, qui rappelle un peu la manie qu'ont certaines personnes âgées de conserver toutes sortes de breloques, de fleurs fânées et de boîtes de conserves.
Ecrit par : Jacabou | mercredi, 02 août 2006
Merci Climax, je commençais à désespérer face à ces gens qui se révèlent incapables de saisir le danger de leur raisonnement. Qu'ils se posent la question : quelle est l'issue pour une société fondée sur de tels principes ?
Ecrit par : Molinari | mercredi, 02 août 2006
Parfois, un exemple peut aider : http://www.nezzar.be/dotclear/index.php?2005/10/12/58-madame-tussauds-accroche-toi-a-ton-string
Ecrit par : Molinari | mercredi, 02 août 2006
« Pourquoi votre collectif est-il subsidié et pas une autre activité humaine comme, par exemple, un commerce quelconque ? »
Pourquoi mettre sur un pied d’égalité commerce et recherche ? Couperiez-vous les subsides de la recherche scientifique sous prétexte que résultats et rentabilité sont des plus aléatoires ?
« Ensuite, est-il certain que les subventions favorisent le progrès de l'art? »
C’est un vaste débat mais il serait tout de même stupide de caricaturer tous les artistes subventionnés du pays comme étant une bande de profiteurs étatiques ne cherchant même pas à se vendre.
« Merci Climax, je commençais à désespérer face à ces gens qui se révèlent incapables de saisir le danger de leur raisonnement. »
Molinari : « achetez et fermez là » c'est pas mal non plus
Ecrit par : Ramon Cortizone | jeudi, 03 août 2006
Tiens, au fait : les archives du royaume, c'est pas vraiment un succès de foule. Alors, on vend aux bouquinistes et on brûle le reste?
Ecrit par : Ramon Cortizone | jeudi, 03 août 2006
"Couperiez-vous les subsides de la recherche scientifique sous prétexte que résultats et rentabilité sont des plus aléatoires ?"
Il n'y a aucune raison que les chercheurs échappent à la notion de risque inhérente à chaque activité humaine innovante. Par ailleurs, le financement de la recherche scientifique ne doit pas nécessairement être public.
"les archives du royaume, c'est pas vraiment un succès de foule. Alors, on vend aux bouquinistes et on brûle le reste?"
Vous savez, le marché du livre ancien est florissant, alors pourquoi pas ? Je suis convaincu que nombreuses institutions complèteront leurs bibliothèques à cette occasion.
Ecrit par : climax | jeudi, 03 août 2006
« Il n'y a aucune raison que les chercheurs échappent à la notion de risque inhérente à chaque activité humaine innovante. »
Moi, je vous répondrai qu’il n’y aucune raison que des gens meurent parce que certaines recherches sont éventuellement mal financées quand les pathologies sont rares et donc peu compétitives.
« « les archives du royaume, c'est pas vraiment un succès de foule. Alors, on vend aux bouquinistes et on brûle le reste?" Vous savez, le marché du livre ancien est florissant, alors pourquoi pas ? Je suis convaincu que nombreuses institutions complèteront leurs bibliothèques à cette occasion. » »
Soit. Avec un tel raisonnement, L’Agneau Mystique est bientôt sur ma cheminée.
Ecrit par : Ramon Cortizone | jeudi, 03 août 2006
"Avec un tel raisonnement, L’Agneau Mystique est bientôt sur ma cheminée"
Qui sait ? Dans les années 1880-1890, on trouvait bien des Van Gogh pour une bouchée de pain...
Ecrit par : climax | jeudi, 03 août 2006
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