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lundi, 21 août 2006

Les "dossiers brûlants" de l'enseignement

medium_image016.jpgLa Libre de ce matin synthétise les "dossiers brûlants" en matière d'enseignement qui seront traités à la rentrée par le Gouvernement de la Communauté française.

Au menu notamment, l'enseignement en immersion linguistique. "Il faut réglementer ce secteur dont la cote grimpe", assène la journaliste avec aplomb.

Toujours cette tendance à vouloir encadrer toute activité dès qu'elle prend de l'ampleur ou devient à la mode... A ce titre, à quand un projet de décret sur le sudoku, censé assurer une égalité des joueurs devant les grilles ? A quand un Ministre des pannini ou du pantalon taille basse ?

Autre chantier : les inscriptions.

"Ici aussi, une réglementation stricte est attendue pour octobre. Avec, pour objectif, de contrer la sélection pratiquée aux inscriptions par certains établissements et, par là, d'améliorer l'hétérogénéité des classes". Il n'est guère nécessaire de revenir sur ce parti-pris idéologique qui considère que la sélection, c'est le Mal et que, dans les classes plus encore qu'ailleurs, toute différence doit être gommée, au nom d'un égalitarisme mortifère.

Enfin, parlons des "bassins scolaires".

Sous ce terme aquatique se cache en réalité le fantasme socialiste d'une "meilleure" répartition des élèves dans les écoles, selon des critères pondus par des pédagogues inspirés.

But à peine inavoué de la manoeuvre : transformer nos chères têtes blondes en rats du Laboratoire Central de la Citoyenneté Solidaire et faire des écoles des lieux citoyennement propres.

Principal obstacle sur le chemin des pouvoirs publics : le libre choix de l'enseignement, laissé aux parents par la Constitution (article 24).

Dès lors, l'idée qui circule est la suivante : "les familles font des choix d'écoles et les communiquent non pas aux directions, mais à une autorité collective. La liberté de choix des familles est ainsi respectée et l'équité entre elles est même renforcée".

La simple évocation de la communication du choix d'une école, au nom de l'"équité", à ce qu'on appelle une "autorité collective" me fait frémir, pas vous ?

UPDATE : A lire : l'avis éclairé et désabusé de Constantin et le point de vue de RonnieHayek qui met en exergue les "failles du constitutionnalisme".

Commentaires

Et as-tu une idée des critères qui seront utilisés pour les envoyer dans une école ou dans une autre?

Nous attendons notre premier pour la fin de l'année. J'ai encore le temps, mais il faudra que je me renseigne à l'école néerlandophone voisine.

Ecrit par : paul | lundi, 21 août 2006

D'une certaine manière, ça me ferait plaisir qu'ils s'essaient à un truc du genre; à mon avis, c'est un des rares thèmes sur lesquels on peut mobiliser de manière massive contre ce gouvernement de bolchéviques.

Ecrit par : melodius | lundi, 21 août 2006

A votre place, Mélodius, je ne me ferais pas trop d'illusions. Vu la prégnance du "tout-à-l'Etat" dans les esprits des habitants de ce pays, je crains fort que la foule n'applaudisse parce que le gouvernement aura enfin "mis un frein à l'ultralibéralisme rampant".

Ecrit par : Constantin | lundi, 21 août 2006

L'idée n'est pas neuve ..
cette brave MILQUET l'avait proposée pour Bruxelles Ville ...
L'école poubelle pour tout le monde ... Vive le nivellement par le bas ...
Il s'agit d'une idée honteuse avec toutes les dérives que risque d' entraîner la communication du choix à "l'autorité collective".
je partage l'avis de Mélodius, je ne crois pas que celà va passer comme "une lettre à la poste" ( mauvaise expression car même à la Poste , tout n'est pas simple)

Ecrit par : cobra | lundi, 21 août 2006

J’espère que ce bolchévisme du pire aloie ne passera pas comme une lettre à la Poste. Mais le Belge moyen est tellement servile et inféodé que l’espoir est vraiment ténu.

Qu’à cela ne tienne, pour nous, les méchants capitalistes ultralibéraux, il reste plusieurs solutions.

Comme nous spolions le peuple des fruits de son travail, et que nous sommes donc détestablement riches, il reste les écoles privées. Oh ben zut, la mesure égalisatrice produit juste l’effet contraire de celui visé. Encore plus de différences.

Et si d’aventure nos tyrans collectivistes et normateurs interdisaient les écoles privées, pourquoi rester dans ce pays de merde ? Non seulement la migration permet de résoudre le problème de l’enseignement rendu universellement médiocre, mais il permet de démêler l’écheveau fiscale asphyxiant qui pèse sur tout notre bel argent d’ultra capitaliste néolibéral de droite fascisante (et j’en oublie).

Ecrit par : TheLifeOfBrian | lundi, 21 août 2006

... Ou alors, on peut commencer à épargner (ce qu'ils nous laissent de) nous sousous afin de pouvoir corrompre le fonctionnaire qui se chargera de la répartitition, afin d'avoir une chance d'inscrire nos enfants dans une école de la nomenklatura?

Ecrit par : paul | lundi, 21 août 2006

...Ou alors, mais là c'est vraiment en dernier recours, mais que ne ferait-on pour nos enfants, prendre la carte du PS.

Ecrit par : TheLifeOfBrian | lundi, 21 août 2006

... ou alors, ne plus faire d'enfants pour éviter d'angoisser sur leur avenir hypothéqué par la maffia constructiviste.

Ecrit par : Thierry | lundi, 21 août 2006

Prendre la carte du PS irait nécessairement de pair avec l'achat d'un puissant savon bactéricide ou de gants chirurgicaux.

Ecrit par : Otrogods | lundi, 21 août 2006

C'est dingue nous parlions hier avec un collègue français de la liberté du choix de l'école en Belgique et des avantages que ça comportaient.
(ce n'est pas le cas ni en France ni au Luxembourg, pays frontalier d'Arlon)
Et bien voilà, un truc des rares trucs qui était plus sympa en Belgique remis en question.
Pays de fous.
Bon ben, on a plus qu'à prévoir le budget pour une école privée en France ou au Luxembourg. (25 km d'Arlon.)

Ecrit par : Foguenne | lundi, 21 août 2006

Pour ne plus faire d'enfants, c'est trop tard.

Pour la carte du PS: ne pas oublier la pince à linge pour le nez.

Et puis zut, pas la carte du PS. De toute façon je me ferais purger par le premier Vichinsky qui viendra.

Ecrit par : paul | lundi, 21 août 2006

Cette idée, ils peuvent se la foutre au cul. L'art. 24 de la Constitution est clair : "L'enseignement est libre; toute mesure préventive est interdite". La Cour d'arbitrage n'osera pas laisser passer. Et les bonnes masses wallonnes, pourtant bien décérébrées par des décennies de socialisme débilitant, ne me semblent pas encore prêtes à avaler TOUTES les couleuvres (Cfr. l'accueil réservé à cette autre initiative d'Arena qu'était la suppression du latin.)

Même si ça passe, cela fera la fortune des écoles privées et de tous ceux qui donnent des cours particuliers : la revanche du marché.

Il est vraiment tragique d'avoir des pouvoirs publics aussi cons qu'Arena et Simonet.

Ecrit par : Yoyo | mardi, 22 août 2006

La constitution prévoit également que l'usage des langues est libre en Belgique ou encore que nul ne peut être exproprié sans une indemnisation préalable...

Ecrit par : melodius | mardi, 22 août 2006

Exactement.

cett histoire de "faire connaître ses préférences" à une quelconque instance est une entourloupe pour contourner la constitution.

Ceci dit, je ne suis effectivement pas certain que l'idée passerait le test de la Cour d'Arbitrage, mais une mobilisation sera nécessaire pour l'y amener.

Par ailleurs, en parlant de la chose autour de moi, je m'aperçois que la proposition ne passe absolument pas auprès de mes interlocuteurs, y compris les socialistes.

Je serais étonné qu'un projet soit déposé en ce sens avant les élections. Mais ce sera à surveiller.

Ecrit par : paul | mardi, 22 août 2006

C'est donc officiel camarades, nous sommes en URSS....

Ecrit par : olivier | mardi, 22 août 2006

J'ai pu aujourd'hui m'informer auprès d'une connaissance plus versée dans les questions d'enseignement et qui connaît les méandres de la Communauté française.

Il confirme en effet que le but du jeu est d'imposer aux familles d'introduire leurs demandes d'inscription à l'administration, qui centralisera les requêtes et dispatchera les élèves selon des critères encore à établir...

Pas de doute donc : le choix de l'école (voire du réseau) n'est plus assuré.

Toujours selon mon "informateur", les auteurs de la réforme réfléchissent à un moyen de contourner en douceur l'article 24 de la Constitution.

Je leur souhaire bien du plaisir... Et je doute quand même que le projet aboutisse : il s'attirera les foudres des lobbies de l'enseignement officiel et de l'enseignement libre, avant d'être censuré par la Cour d'arbitrage.

Ecrit par : climax | mardi, 22 août 2006

Puisses-tu dire vrai mon bon Climax !

Ecrit par : TheLifeOfBrian | mercredi, 23 août 2006

Moi j'aimerais avoir de noms; qui sont les salopards qui veulent nous infliger ça ?

Ecrit par : melodius | mercredi, 23 août 2006

Ce sont en tout cas des gens mal avisés qui ont dû oublier le tollé provoqué naguère par le projet de supprimer les cours de latin à l'école.

Pour rejoindre d'autres intervenants, je voudrais bien voir comment cette mesure, si elle devait voir le jour, passerait la rampe de la Cour d'arbitrage!

Parce qu'il est très probable qu'elle ferait l'objet d'un recours en annulation devant cette haute juridiction. La Belgique ne manque pas de parents pour cela!

Comptons aussi sur la section de législation du Conseil d'Etat pour ne pas mâcher ses mots.

Enfin, pourvu qu'en amont l'opposition ne ménage pas ses efforts pour torpiller le projet de décret qui serait déposé au parlement de la Communauté française.

Ecrit par : Ostrogods | mercredi, 23 août 2006

"à quand un projet de décret sur le sudoku, censé assurer une égalité des joueurs devant les grilles ? A quand un Ministre des pannini ou du pantalon taille basse ?"

Excellent !

Ecrit par : h16 | mercredi, 23 août 2006

Le MR n'a pas un parcours très reluisant en matière de liberté de l'enseignement...

Ecrit par : melodius | mercredi, 23 août 2006

Melodius : "Moi j'aimerais avoir de noms; qui sont les salopards qui veulent nous infliger ça ?"

Je parierais l'institut Emile Vandervelde, centre d'études du PS. En terme d'efficacité, le Centre Jean Gol du MR est à l'institut Emile Vandervelde du PS ce que l' Eurospace Center de Redu est à la NASA.

Ecrit par : Drieu | mercredi, 23 août 2006

"Le MR n'a pas un parcours très reluisant en matière de liberté de l'enseignement..."

Cela vient de loin : dès le début du 19e siècle les "libéraux" belges préférèrent étatiser l'enseignement plutôt que de voir le réseau libre catholique se développer avec succès.

Ecrit par : Lucilio | mercredi, 23 août 2006

La révolution approche camarades ... Des libéraux révolutionnaires, prêt à descendre en rue pour contester les décisions du polit-bureau ...

Je ne peux pas croire qu'une telle mesure soit applicable, rien que d'y penser ma tension est à 20 ...

Il serait temps que l'on autorise les O.G.M. afin de faire supprimer le gêne (virus) du socialo-communisme de tout individu à naître !! La wallonie ne s'en porterait que mieux ...

Ecrit par : G. | mercredi, 23 août 2006

@ Drieu : je retiens le bon mot, mais je crains que tu ne sois un peu trop optimiste si tu t'imagines que le Centre Jean Gol a vocation à défendre la liberté de l'enseignement.

Au mieux, ils sortiraient une étude pour démontrer qu'il vaudrait mieux confier la gestion des "bassins d'élèves" à une société privée après appel d'offres. Parce que le privé, n'est-ce pas, c'est quand même plus efficace.

Ecrit par : melodius | mercredi, 23 août 2006

:-) Excellent Melodius :-)

Ecrit par : Anti-PS Man | mercredi, 23 août 2006

Cher Climax,
Votre informateur vous a quand même aussi dit qu'il qualifiait volontiers ces bassins scolaires de "bénitiers". Il (votre informateur) désire aussi ajouter que plus aucun des deux partis démocratiques traditionnellement laïcs (tant rouge que bleu) ne reprend dans ses programmes la défense de l'enseignement public, dont je rappelle qui plus est qu'il s'agissait d'une création très "libérale".
Amitiés.

Ecrit par : Cernogorskij | jeudi, 24 août 2006

Et si on demandait à Miss "Levrette" Onckelincks (la schaerbeko-lanoise) de s'occuper de l'enseignement ? Avec un peu de chance la plupart des élèves et profs motivés arriveraient à s'échapper rapidement (par groupe de 28 p-ê ?) pour rejoindre des écoles privées financées par ce bon vieil Herman De Croo ??

Ecrit par : G. | jeudi, 24 août 2006

Est-il idiot de penser que la sélection pratiquée par les Ecoles "à la mode" ne laisse entrer que les élèves qui en ont le moins besoin. C'est à dire des élèves qui ont été structuré dans une école primaire de bonne qualité, par des parents qui ont été eux-mêmes éduqués à s'occuper de la scolarité de leurs enfants.

LE but de la maneuvre est de travailler avec des élèves qui ne présente que très peu de diffcultés. Et donc, il faut peu de moyens pour les préparer à l'unif.

Reste alors tout les autres qui se retrouvent dans des écoles dépassées, ou malheureusement il n'y a aucun bon éléments pour lancer une dynamique de classe, ou ceux qui éprouvet des difficultés, ne peuvent jamais voir comment de bons élèves ont appris à travailler.

Vous faite erreur en pensant qu'ils ne faut pas mélanger vos gosses de riches aux pauvres prolos. On apprend beaucoup à partager et certains profs, dont je fais partie, sont persuadés que tout le monde a droit d'être valorisé de d'accéder à l'université même ceux qui n'ont pas eu la CHANCE d'avoir des facilités comme la plupart d'entre nous.

Voila un peu de contre-courant.

Ecrit par : cactus | jeudi, 24 août 2006

Il ne s'agit pas d'instaurer une ségrégation sociale, qui d'ailleurs relève au moins partiellement du mythe; il s'agit de ne pas enlever aux parents le droit de choisir l'école où ils veulent mettre leur moutard.

De plus, si toute concurrence entre écoles vient à disparaître, on sait très bien où ça va mener.

Plutôt que de vous efforcer à entraîner tout le monde vers le bas, vous feriez mieux de tâcher d'améliorer la situation de ceux qui s'y trouvent déjà.

Ecrit par : melodius | jeudi, 24 août 2006

@ cactus : comme le dit Melodius, il ne s'agit pas d'empêcher le "brassage des populations" (pour utiliser un poncif). Je crois d'ailleurs qu'il est nécessaire et bon pour l'enfant.

Le problème est qu'une liberté constitutionnelle est en passe d'être battue en brèche, pour être remplacée par un dispositif bureaucratique qui pue l'arbitraire.

Il est d'ailleurs étonnant que le PS invoque à tours de bras les droits de citoyens (logement, épanouissement culturel et tutti quanti), mais s'assied sur une liberté fondamentale.

Ecrit par : climax | jeudi, 24 août 2006

De toute manière, on sait très bien ce qui va se passer si on passe cette brillante mesure; ceux qui auront les moyens enverront leurs gosses dans l'enseignement privé, les autres seront forcés d'envoyer leurs gamins dans des écoles poubelles, surtout si les gamins sont bons (ils iront y "entraîner la classe").

C'est cela la beauté du socialisme, c'est que ce sont toujours ceux qui n'ont pas assez de fric qui se font baiser.

Ecrit par : melodius | jeudi, 24 août 2006

Chacun a le droit à l'enseignement, dans l'école qu'il désire. Mais le jeu des subsides calculés en fonction des inscriptions fait que les écoles jouent trop la carte du marketing avec publicité pleine page en vantant telle ou telle immersion pour avoir un maximum d'apellés et sélectionner les élus. Ainsi la constitution n'est pas non plus respectée puisque seul les "clients" ayant un bon profil passeront le cap.

Et de toute façon, dans tous ceux qui seront sélectionnés, le travail d'élitisme commencera. Echec, echec, dehors. On ne travaille qu'avec les bons. Les autres n'ont qu'a dégager, de toute façon on a besoin de maçons. Et de toute manière le subside est calculé sur l'élève inscrit en début d'année et pas sur le pourcentage de réussite.

La ségrégation sociale un mythe? Alors pourquoi 0% des élèves issus de l'immigration et ayant de maigres revenus dans une école à St Gilles arrivent à l'unif?

Pourquoi l'enquête PISA dénonce le fait que seuls les "non issu de l'immigration" et ayant de bons moyens peuplent les études supérieures et universitaires.

Je suis d'accord par contre qu'il faut relever le niveau mais pour cela, il fat des profs motivés, et plus d'agent pour avoir moins d'élèves par classe et plus d'activités enrichissantes, plus d'échanges,... Je ne demande pas un refinancement mais une fusion des réseaux, des PO, et qu'on donnent l'argent ainsi économisé pour les élèves.

Voila un avis d'un jeune prof fort naïf.

Ecrit par : cactus | jeudi, 24 août 2006

Cactus, vous n'êtes pas seulement naïf, vous refusez de voir la réalité.

Le système d'enseignement actuel en Communauté française, surfinancé, produit des générations de crétins incapables ne serait-ce que de s'exprimer (je ne parle même pas d'écrire) correctement en français. Les Flamands, qui ont jeté le rénové parce qu'ils ont rapidement compris le problème et qui entretiennent de sains principes de disciplines qui paraiessent "rétrogrades" voire fascisants aux belles âmes francophones, ont des étudiants qui sortent de rhéto parmi les mieux formés de l'OCDE. Or je ne sais pas qu'ils aient fusionné leurs réseaux ?

Cette énième mesure typiquement liberticide ne passera pas la rampe de la Cour d'arbitrage. Et si elle devait le faire, comme le notent fort justement Melodius et Drieu, ce sont comme toujours les plus pauvres qui pâtiraient de l'inévitable nivellement par le bas qui s'ensuivrait.

Bonjour chez vous.

Ma poule.

Ecrit par : Yoyo | jeudi, 24 août 2006

La réalité c'est aussi de voir qu'il y a bcp moins de pauvres en flandres, bcp plus de sociétés qui brassent de l'argent, des impôts, des formations de qualités et surtout un ESPOIR, une PERSPECTIVE lorsqu'on est étudiant. L'homme n'est pas qu'une machine a bouffer du foin ou de la discipline stupide, plus humiliante que constructive. Il faut un projet.

Regardez aussi les loisirs pour les jeunes. Tout est hors de prix, le festival Terhout Werchter complet coûte moins de 200 EUR. Plus la bouffe et boissons + transports on arrive à 400 voir plus. Et évidemment pas un seul arabe, ni pauvre. Pas les moyens. Elitisme tout le temps. Le premier panneau de la sortie d'autoroute pour arriver au site est une affiche toute propre du Vlaams Belang. C'est aussi cela la réalité flamande.

Ecrit par : cactus | jeudi, 24 août 2006

Cactus, ma poule, vous faites partie de ces socialistes qui ne regardent que le résultat sans jamais s'interroger sur le processus qui y a mené. Si les Flamands sont, de fait, plus riches que les Wallons, l'idée ne vous a pas traversé l'esprit que c'est, par exemple, grace à la qualité de leur enseignement ? Grace à leur sens de l'effort et du travail ? Grace au fait qu'ils considèrent que vivre volontairement aux crochets de la collectivité est indigne ? Ou bien vous pensez que cette richesse est tombée d'un croissant de lune ?

Les Wallons ont des conceptions différentes, qui mènent au résultat brillant que l'on constate tous les jours et que les auteurs de l'idée de supprimer le libre choix de l'établissement d'enseignement se proposent d'approfondir encore un peu plus.

Ce sont d'ailleurs les Flamands, vous l'aurez noté, qui pour une bonne part financent les illusions social-démocrates de la Wallonie.

Bien à vous môssieur le naîf volontaire.

Ecrit par : Yoyo | jeudi, 24 août 2006

Vous voulez que les jeunes s'expriment mieux mais vous n'êtes pas capable d'écouter (ou de lire) l'autre sans vouloir le dominer de manière condescendante.

Je ne suis ni socialiste, ni votre poule et ceux qui pensent comme vous avoir raison sans écouter, sans débattre, ne feront pas grand chose pour nos jeunes espoirs. Le dialogue, la compréhension de l'autre, voila ce qu'il faut apprendre.

Ecrit par : cactus | jeudi, 24 août 2006

C'est bien vrai que la flandre est plus riche et tant mieux car ds bien des domaines elle crée une cce fiscale avec la République Socialiste Wallone de gauche ! Le problème des francophones c'est que depuis des décénies ils soutiennet un socialisme qui ne fait que de tirer tout le monde vers le bas, un socialisme qui a créé l'assistanat comme seul idéal de vie, ils n'ont jamais appris aux individus à s'auto-responsabiliser. Le socialisme a tout intérêt à maintenir le peuple ds l'assistance et le besoin puisqu'ils (les socialistes) en ont fait leur fond de commerce électoral ! Pourquoi inciter les gens à devenir meilleur, plus intelligent, plus autonome, plus riche ?? ça ne ferait que des électeurs en moins pour le PS ! Résultat, on leur fait bouffer du foin à longeur de génération ! On veut améliorer notre société que l'on mette le PS sur la touche ! Y a-t-il plus belles preuve de leur imcompétence que le plan Marschall ? Après plus de 20 ans de pouvoir absolu, ils constantent que la Wallonie n'est nulle part et en retard ds tous les domaines, résultats des courses, la mise en place du plan Marschall qui ne fait que confirmer qu'ils n'ont rien fait de bon depuis des décénies ! Bel aveu L'image des francophones en sortirait largement gagnante si les socialistes n'étaient plus au pouvoir (magouilles, petits arrangements, etc ...). Que cactus prenne la peine de parler avec des flamands et il comprendra mieux la situation ...

Ecrit par : G. | jeudi, 24 août 2006

Cactus, tu mélanges un peu tout.

Tout d'abord, je tiens à signaler que les politique qui s'inspirent des beaux principes que tu énonces sont en application depuis longtemps, et que nous pouvons constater tous les ans quels sont leurs brillants résultats; non seulement le niveau général est en chute libre, mais de plus on a complètement démoli le professionnel et le technique sous prétexte d'égalité. Il est vrai que dans notre pays, on ne respect un plombier que lorsqu'on a du faire appel à ses services en urgence un dimanche soir et qu'on doit payer la note.

Quant à la composition sociale des bonnes écoles et de l'université, elle n'a absolument pas changé, sauf qu'on constate peut-être que la part des défavorisés à décru. Ca n'empêche pas d'ailleurs la gauche bien-pensante de défendre à grands cris le droit des bourges qui vont à l'université de trisser aux frais de la princesse.

Enfin, la fusion des réseaux est un projet totalitaire - et je pèse mes mots - dont pâtirait précisément le réseau qui est le mieux géré, le moins cher, et le moins inégalitaire dans les faits, par opposition à "dans le discours", j'ai nommé le réseau catholique.

Comme on vous l'a fait remarquer, on pourrait par ailleurs se demander si les Flamands ne sont pas notamment plus riches parce qu'ils ont un meilleur enseignement que nous, c'est-à-dire un enseignement qui a moins été pourri par un discours égalitariste qui a servi uniquement à augmenter les inégalités. Parce que voyez-vous, personne, pas même dans les ministères et les salles des profs, croit sérieusement qu'un diplôme photo option bac-à- sable possède la même valeur qu'un diplôme latin-maths, même si les deux donnent accès à l'enseignement supérieur.

PS : en Flandre, on vient de revaloriser le statut des enseignants mais en introduisant en contre-partie l'évaluation de leur boulot. Deux évaluations négatives de suite, ou trois sur une carrière, et c'est buiten. Je présume que vous êtes prêt à défendre une telle politique ?

Ecrit par : melodius | jeudi, 24 août 2006

Argh, désolé pour le nombre inacceptable de coquilles dans mon billet, j'aurais du me relire.

Ecrit par : melodius | jeudi, 24 août 2006

@Cactus

je ne suis ni enseignant ni parent.

Cela étant dit, certaines choses me semblent établies. A commencer par le rapport qualité/coût médiocre de l'enseignement officiel en Communauté française d'après les enquêtes menées par l'OCDE. Ces mêmes enquêtes dressent par contre un bilan élogieux des écoles scandinaves, avec une mention particulière pour la Finlande.

La réussite finlandaise a pour ingrédient essentiel une décentralisation très poussée qui laisse aux enseignants beacoup d'autonomie pour mener leur barque*. C'est donc un système caractérisé par la grande liberté des acteurs et dont la dynamique vertueuse aboutit en fin de compte à assurer un niveau de formation scolaire généralement très élevé.

Donc, je suis très sceptique quant à votre suggestion de fusionner les réseaux.

Par ailleurs, j'imagine que l'autonomie octroyée aux enseignants finlandais a pour contrepartie une forte obligation de reddition de comptes. Ces enseignants sont sans doute régulièrement soumis à une évaluation rigoureuse de leur travail. J'imagine mal qu'il en aille autrement. Melodius nous dit que c'est le cas en Flandre.

Pour votre information, ce sujet a été plusieurs fois débattu sur le blog de M. Alain Destexhe.


* Voir The Economist, n° du 25 mars 2006, Chronique "Charlemagne".

Ecrit par : Ostrogods | jeudi, 24 août 2006

L'autonomie des profs est essentielle mais l'objectif reste le même pour tout le monde et est national et sans réseau. Ce n'est plus un programme qui est à "respecter" et tant pis si ceux qui ont du mal sont éjectés.

Non les finlandais s'occupent de tout le monde et pratiquent une pédagogie de la réussite. En gros on réfléchit avec chaque élève, pourquoi il bute sur telle ou telle chose et quelle stratégie il va mettre en oeuvre pour dépasser l'obstacle, avec souvent une réflexion du groupe, des prises en charge d'élèves qu ont compris, etc...

La seule chose évaluée est l'acquisition ou pas de ceraines COMPéTENCES. L'élève maîtrise-t-il la recherche d'information pour un sujet, sait-il exprimer sa synthèse?, .... Et cela peut-être vérifié avec le MÊME examen au niveau national qu'importe si les moyens pour y arriver sont différents.

Les élèves réussissent aussi bcp parce qu'ils savent que s'ils échouent, TOUT sera mis en oeuvre pour qu'il se dépassent donc moins de stress.

En Wallonie, çà sent vite le roussi si vous accumulez les échecs. Et rare seront les profs qui se remettront en question pour vous sortir de la. "Il est trop bête". En wallonie, si un prof "mofle" bcp, c'est un bon prof, en finlande, c'est un incapable.

Je suis plus pour la méthode finlandaise et je pratique l'évaluation du prof. C-a-d que mes élèves ont des moments ou ils prennent la parole pour me dire ce qui ne fonctionne pas dans mon cours. Et c'est très enrichissant.

Donc pour répondre à certains, oui je suis prêt à me faire évaluer même par un groupe indépendant. Mais c'est impossible dans des conditions d'absorption de matières (le programme). Je suis pour la structuration de compétences chez nos jeunes.

Ce qui est difficile c'est que pour un même salaire, certains n'en touchent pas une et d'autres travaillent TOUS les soirs pour solutionner les défis que représentent les obstacles d'ES. La faute à qui? Aux réseaux (catho en premier) et les PO (véritable mafia) qui rendent tout le système politisé et clienteliste.

Démolissont tout ça et gardons l'espoir.

Ecrit par : cactus | jeudi, 24 août 2006

Cactus, ma couille, navré de vous contredire (après vous avoir lu) mais cette sempiternelle rengaine sur l'union de toutes les bonnes volontés, vous m'excuserez, je ne suis pas exactement convaincu.

Revel notait dans le cas de la France, dont l'enseignement produit des résultats tout aussi catastrophiques que notre Communauté française et pour les mêmes raisons idéologiques, qu'on ne renonce pas impunément à des méthodes d'enseignement qui ont fait leurs preuvres pendant 3000 ans.

A cet égard, force est de constater que dans de nombreuses écoles en Wallonie et à Bruxelles, les exigences élémentaires en matière de discipline (on n'insulte pas un prof, on ne le frappe pas, on ne parle pas à une prof de la largeur son vagin, on ne le menace pas de mort, ce genre de choses) se sont effondrées. Je me souviens d'un prof de math interviewé il y a quelques années par la RTBF qui expliquait qu'au début de sa carrière il formait de futurs ingénieurs tandis qu'aujourd'hui il était déjà très satisfait si on ne mettait pas le feu aux rideaux de sa classe pendant son cours.

Discipline, suppression du rénové, libre concurrence entre les écoles et les réseaux, chèque scolaire : voilà le salut. Mais l'idéologie est beaucoup trop forte dans nos contrées pour même simplement évoquer ces remèdes de bon sens. J'en viens à penser qu'il faudra en passer par un effondrtement complet du système pour débarrasser la Wallonie du poison socialiste.

Ciao !

Ecrit par : yoyo | jeudi, 24 août 2006

Apprenez a parler avec respect avant d'exiger de la discipline. C'est sur que si vous étiez prof, vous auriez du souci a obtenir autre chose que des insultes.

Le bon vieux système ne l'a jamais été sauf pour les gosses de riches qui pouvaient tester leur raisonnement et leur éloquence avec des jésuites bcp plus pédagoges qu'on ne nous le fait croire. Continuez à phantasmer sur les "choristes" ou sortez de chez vous pour voir le monde.

Ecrit par : cactus | jeudi, 24 août 2006

Cactus, j'ai quelques peines à vous comprendre.

Vous vous prononcez dans un premier temps pour la fusion des réseaux, ce qui sauf erreur veut dire l'absorption des écoles libres par le réseau officiel. Mais ensuite, vous dites votre admiration pour le système finlandais, qui pourtant en est l'antipode.

Quid?

Je veux quant à moi compléter mon commentaire précédent sur un point: je ne suis pas seulement sceptique envers l'idée d'une fusion des réseaux. Bien plus, cette idée me répugne. Spécialement en raison de la prévalence de l'idéologie gauchiste dans le mileu des enseignants (ce n'est pas de vous que je parle, Cactus). Des parents peuvent très légitimement vouloir en éloigner leur progéniture. Qu'on ne touche pas au principe du pluralisme.

En tout cas très bonne continuation pour vous dans l'exercice de votre métier.

Post scriptum: d'après La Libre, le gouvernement de la Communauté française a déclaré ce jour que les bassins scolaires, "qui visent à éviter les écoles-ghettos", retiendront toute son attention: http://www.lalibre.be/article.phtml?id=10&subid=90&art_id=302217

Ecrit par : Ostrogods | jeudi, 24 août 2006

Si vous voulez parler de la motivation des fonctionnaires de l'enseignement, je trouve tout à fait inacceptable que par année de carrière prestée vous ayez droit (un de plus ...) à des congés maladies !

Je viens d'en vivre l'exemple consternant dans mon entourage : après plus de 30 années en tant qu'institutrice, une de mes amies a pu partir en pré-retraite grâce à l'accumulation de "congés maladies" accumulés tout au long de sa carrière et tout ça à environ 56-57 ans !! Vous cumulez tout au long de votre carrière des jours de congé à prendre avant la retraite et tout ça payé par le contribuable ! Voilà une première mesure à supprimer illico et affectons les moyens dégagés à engager de nouveaux profs ! Une chose est certaine, il faut moins d'élèves par classe. Ce serait déjà un bon début ! Mais pour ce faire la Com frçaise a besoin de moyens ... Heureusement Maria (madeleine) Arena a trouvé le moyen de faire payer le privé, le Com. fçaise les remboursera pdt les dizaines d'année à venir ... Les socialistes n'ont content d'avoir ruiné le pays ont décidé d'endetter la génération d'enfant à venir ... Bel exemple de responsabilité et de saine gestion ...

Cactus nous a "avoué" ne pas être socialiste, vu la haine qu'il porte à l'enseignement libre et à toute forme de ce qu'il croit être de l'élitisme, il est à coup sur écolo ! et donc retour à la case départ quant à l'omniprésence de la culture gauchiste ds l'enseignement ... car tout le monde le sait les écolos c'est comme les tomates, quand c'est jeune c'est vert mais une fois que ça murit, ça devient rouge !

Ecrit par : G. | jeudi, 24 août 2006

Je suis pour la liberté d'enseignement et je pense que la concurrence vaut mieux qu'une centralisation.

Toutefois, on ne peut pas nier les problèmes évoqués par Cactus qui, en tant que prof, a certainement droit à une écoute attentive sur ce sujet et qui a bien du courage à s'exprimer dans ce repère libertaire.

Pour résoudre une partie de ces problèmes, que pensez-vous de la "discrimination positive"? En donnant vraiment plus de moyens à une école à Molenbeek qu'à une école à Lasne, on favorisera plus de mixité sans changer la liberté actuelle de choix de l'école en Belgique.

Ecrit par : alain | vendredi, 25 août 2006

Cactus, je vous respecte pleinement, ce sont certaines de vos idées que je ne respecte pas, parce que je les trouve stupides. Je pense en avoir le droit ?

En fait de respect, mon expérience personnelle (je SUIS prof, de manière occasionnelle et dans le privé) est que les élèves/étudiants respectent ceux qui sont respectables. Non, je n'ai jamais été insulté ni reçu la moindre menace. Oui, j'ai toujours respecté chacun de mes élèves/étudiants mais il a toujours été clair qu'eux étaient là pour apprendre, et non le contraire (ce qui n'exclut pas l'échange et l'enrichissiment mutuel mais il ne faut pas tout mélanger).

Par contre, je me souviens de mes belles années comme élève dans un grand collège bruxellois; nous avions de profs de toutes sortes, mais ceux qui étaient chahutés étaient le plus souvent soit faibles, soit débiles, soit les deux. Un en particulier a beaucoup souffert, un homme d'une 50ne d'années, écolo et mal dans sa peau, qui passait des heures à divaguer sur des sujets politiques sans rapport aucun avec les classiques de la littérature française qu'il aurait dû nous enseigner. Un pauvre type véritable que nous ne respections pas parce qu'il était nul. Les autorités du collège ont fini par nous rappeler à l'ordre, ce qui était parfaitement normal et vécu comme tel.

Ce qui est sûr, mon poulet, c'est qu'un école sans discipline est une contradiction dans les termes.

Ciao !

Ecrit par : Yoyo | vendredi, 25 août 2006

Nouvel article ds La Libre du jour (page 5) sur notre sujet d'inquiétude préféré ...

Les intentions de Maria (Madeleine) Arena ont l'air de se "préciser" .... Va falloir réagir car même à la belle époque de la place rouge, du KGB, du GRU, on n'ausait pas être aussi dirigiste. Bienvenue en Corée du Nord !

Ecrit par : G. | vendredi, 25 août 2006

Alain, la "discrimation positive", c'est un terme de marketing. Le mot important est "discrimination"; il y a toujours une victime, ce qu'on trouve positif est précisément que ce soit elle la victime, ici le "sale riche". L'apartheid était aussi une "discrimation positive", en faveur des blancs.

Cactus, la réalité est qu'il y avait une mobilité sociale beaucoup plus importante lorsque l'école était élitiste; les politiques que vous défendez on pour seul but d'éliminer certaines "discriminations" au profit d'autres, pas d'améliorer la situation concrète des élèves. Le nivellement plutôt que l'amélioration. Non merci.

Ecrit par : melodius | vendredi, 25 août 2006

Melodius

Les américains appellent la "discrimination positive" sous le terme "affirmative action" ce qui a le mérite de résoudre ton problème de mot.
Quand au fond, que proposes tu de mieux alors pour résoudre le problème soulevé par Cactus ??

Ecrit par : alain | vendredi, 25 août 2006

Je suppose que vous désignez par discrimination positive le fait d'obliger des écoles ciblées comme "élitistes" à accepter chaque année un quota d'élèves ciblés comme "défavorisés".

Outre le risque d'arbitraire administratif et de lourdeur bureaucratique que cette mesure porte en elle - sans parler du risque de faire naître une rancoeur* dirigée contre les écoliers "positivement discriminés" et leurs parents -, en quoi serait-elle bénéfique?

La question qui importe est de savoir si, une fois sur place, les élèves concernés peuvent oui ou non réussir leur scolarité. Pour ceux qui s'en révèlent incapables, que peut-on faire sans pénaliser le reste de la classe ni baisser le niveau de la formation dispensée par l'école en question? La réponse est à chercher ailleurs que dans la discrimination positive.


* Voir le cas des universités aux USA

Ecrit par : Ostrogods | vendredi, 25 août 2006

"Je suppose que vous désignez par discrimination positive le fait d'obliger des écoles ciblées comme "élitistes" à accepter chaque année un quota d'élèves ciblés comme "défavorisés"."

Pas du tout, Ostrogods.
Comme écrit dans mon commentaire plus haut, je parle de: "donner vraiment plus de moyens à une école à Molenbeek qu'à une école à Lasne, pour favoriser plus de mixité sans changer la liberté actuelle de choix de l'école en Belgique".

Ecrit par : alain | vendredi, 25 août 2006

Alain, je ne crois pas que cela soit une question de moyens : encore une fois, l'enseignement en Communauté française est parmi les mieux dotés financièrement de l'OCDE. Bien sûr, il y a un problème de gestion, not. l'absentéisme des profs, le système de facto généralisé de prépension à 55 ans (joli privilège, n'est-ce pas ? et tellement discret que personne n'en parle : la peur des grèves, voyez-vous), etc. Mais, tout de même, ce n'est pas une question de moyens, c'est un problème d'idéologie. En l'état actuel dus système, vous pourriez arroser les écoles de Molenbeek de moyens supplémentaires que les résultats ne seraient pas foncièrement meilleurs. Par contre, renoncez au rénové et restaurez une discipline effective (avec des boot camps pour les plus violents) : vous verrez que même les écoles du fin fond de Molenbeek obtiendront des résultats plus convaincants qu'aujourd'hui.

Ecrit par : Yoyo | samedi, 26 août 2006

@Alain

Une telle politique a déjà été mise en oeuvre en Communauté française: voir le décret du 30 juin 1998 "visant à assurer à tous les élèves des chances égales d'émancipation sociale, notamment par la mise en oeuvre de discriminations positives":

http://www.cdadoc.cfwb.be/RechDoc/docForm.asp?mode=renew&docname=19980630s22209

Auparavant, on parlait de zones d'éducation prioritaire.

Rien de neuf sous le soleil, donc.

Ecrit par : Ostrogods | samedi, 26 août 2006

L' "Affirmative Action" discrimine ceux qui réussissent les concours mais à qui on refuse la place qu'ils désirent au bénéfice de personnes qui ont moins bien réussi mais ont la couleur de peau favorisée.

Moi j'appelle cela du racisme.

Ecrit par : melodius | samedi, 26 août 2006

Toujours cette tendance pathologique à ne pas voir l’origine des problèmes et donc vouloir proposer des solutions qui n’ont aucun rapport avec l’ampleur des problèmes. On sait très bien que la population de grandes villes comme Bruxelles se compose de près de 50% d’immigrés. Les enfants qui fréquentent ces écoles poubelles appartiennent à des populations qui n’attachent pas du tout la même importance à l’éducation de leurs enfants.
Il est plus que temps de commencer à voir les problèmes en face !

Ecrit par : Arthurius | samedi, 26 août 2006

Arthurius, en un sens, vous avez raison. C'est vrai que beaucoup de parents immigrés sont démissionaires et envoient à l'école de véritables fauves dont ils attendent la domestication par les autres. Maisd par ailleurs beaucoup de parents immigrés, arabes ou polonais par exemple, sont des gens parfaitement intégrés simplement à la recherche, pour leurs enfants, d'un enseignement de qualité que notre société n'est plus à même de leur proposer.

D'ailleurs le délabrement de l'école en Communauté française dépasse largement le problème de l'immigration. Beaucoup d'enfants des meilleures familles sortant des "meilleurs" collèges sont quasiment analphabètes, incapables d'écrire une phrase en français sans faute, de résumer un texte, de structurer une réflexion, etc., pour ne pas parler de leur niveau en math et en sciences.

Pourquoi ? Mais parce que notre superbe système d'enseignement traite toutes les écoles de la même façon, et au sein des écoles tous les professeurs de la même façon. Vous connaissez beaucoup de professeurs licenciés parce qu'ils sont mauvais ? Ou d'écoles qui ferment leurs portes parce que leurs résultats sont lamentables ? Person, aucune.

En fait, la discrimination positive ne fait qu'accentuer le problème, en donnant dans certains cas encore plus d'argent à des écoles qui méritent aussi bien de fermer leurs portes.

Que faire ? Puisqu'en l'état une privatisation complète de l'enseignement est politiquement impensable, la solution préconisée de longue date par le Pr. Milton Friedman est la meilleure : la chèque scolaire, c'est-à-dire que tous les parents se voient remettre un chèque d'une même valeur x qu'ils remettent à l'école où ils choisissent d'inscrire leurs enfants, quelle que soit l'école en question (que celle-ci délivre des certificats "reconnus" ou non par les pouvoirs publics, c'est aux parents et aux enfants de faire leurs choix). Ainsi les meilleurs écoles sont favorisées, les entrepreneurs sont encouragés à en ouvrir de nouvelles (y compris en explorant, pourquoi pas ?, de nouvelles méthodes pédagogiques) et, par contre, mais qui s'en plaindra ? les écoles incapables d'assurer un enseignement de qualité passeront à la trappe.

Une chose est sûre, le système actuel est en fin de course et la paire Arena-Simonet est en train d'en accélérer le pourrissement ce qui finalement n'est peut-être pas une mauvaise chose. C'est seulement un peu dommage que les socialistes de toutes les époques doivent toujours aller au bout de leur erreur pour l'admettre. C'est aussi un peu désolant de voire à quelle degré de renoncement en sont tombés les "catholiques" et le réseau "libre".

Ecrit par : Yoyo | samedi, 26 août 2006

Je suis d’accord avec le fait que le délabrement de l’enseignement et l’immigration sont deux problèmes distincts mais étroitement liés. Mais lorsqu’on lit ce type de phrases, on se rend compte que c’est pas la qualité de l’enseignement qui est au cœur de débat mais bien un problème ethnique :

"Ici aussi, une réglementation stricte est attendue pour octobre. Avec, pour objectif, de contrer la sélection pratiquée aux inscriptions par certains établissements et, par là, d'améliorer l'hétérogénéité des classes"

Il faut bien savoir qu’un socialiste est viscéralement égalitaire, autrement dit ce qui le gêne c’est pas le fait que tout les gosses qui sortent de primaire ne sachent pas lire et écrire correctement, ce qui le gêne c’est que les quartiers peuplés par des immigrés soient condamnés à des écoles poubelles et les autres soient dans des écoles « clean ». Certaines écoles tirent sur le volet leur population et pas uniquement sur base des critères économiques mais aussi raciales afin de maintenir un certain équilibre. Les directeurs de ces école savent très bien qu’en acceptant une trop forte proportion d’enfants d’immigrés leur école deviendra ingérable et y perdra en qualité tout simplement parce que l’intégration de ces minorité fera place à une micro communautarisation et ghettoïsation.
C’est ce qui se passe d’ailleurs dans cette belle société « muli-machin » que les socialistes sont en train de mettre en place. Le rejet de la mixité à outrance par l’immigration massive est donc omniprésente, enseignement, emploi, logement privés,…
Les socialistes atteignent des sommets inégalés en hypocrisie en continuant à faire l’apologie des bienfaits de la société multiethnique.

La faible qualité de l’enseignement en général est encore une autre question supplémentaire que personne n’ose aborder véritablement puisque les moyens financiers n’existent pas pour envisager des réformes dans ce sens.
Il faudrait aussi :
- Dé-politiser l’enseignement pour qu’il fonctionne de manière indépendante comme l’enseignement libre.
- Dé-syndicaliser l’enseignement peuplé par des marxistes, trotskystes et autres dangers.
- Revaloriser sérieusement les salaires ridicules des enseignants
- Non-pas moderniser les méthodes, mais revenir aux bonnes vielles méthodes qui ont fait leurs preuves !
Mais rassurez vous on est loin de tout cela, on va exactement à l’inverse…

Ecrit par : Arthurius | samedi, 26 août 2006

"Une telle politique a déjà été mise en oeuvre en Communauté française: voir le décret du 30 juin 1998 "visant à assurer à tous les élèves des chances égales d'émancipation sociale, notamment par la mise en oeuvre de discriminations positives":

http://www.cdadoc.cfwb.be/RechDoc/docForm.asp?mode=renew&docname=19980630s22209"

Tout à fait d'accord, ce n'est pas neuf. Mais c'est très jeune (décret en 1998) et pas vraiment effectif: Les différences entre une école à Lasne et une école à Molenbeek sont encore criantes. La proposition est de persévérer et d'amplifier ce levier qui ne donne pas encore de résultat.

"L' "Affirmative Action" discrimine ceux qui réussissent les concours mais à qui on refuse la place qu'ils désirent au bénéfice de personnes qui ont moins bien réussi mais ont la couleur de peau favorisée.

Moi j'appelle cela du racisme."

Qui parle de couleur de peau ? On parle Lasne et de Molenbeek et de zones d'éducation prioritaires c'est à dire de critères géographiques.

"Alain, je ne crois pas que cela soit une question de moyens : encore une fois, l'enseignement en Communauté française est parmi les mieux dotés financièrement de l'OCDE"

Qui parle de plus de moyens ? Sans augmenter d'un franc la dotation de l'enseignement, seule la répartition des moyens est impactée. La mission d'une école et de ses professeurs à Molenbeek est bien plus difficile que celle d'une école à Lasne.

Il y a bien sur d'autres réformes à faire (responsabilisation et évaluation des enseignants et des écoles, dépolitisation des nominations,...) mais par rapport aux problèmes soulevés par Cactus plus haut l'"affirmative action" est une voie à creuser qui à l'avantage de ne pas toucher à la liberté actuelle en Belgique de choix de l'école par les parents (le problème mis en évidence par Climax).

Ecrit par : alain | dimanche, 27 août 2006

@Alain

Quelques réflexions suite à vos derniers propos.

Vous dites que la politique de discrimination positive est récente et n'a pas eu le temps de faire ses preuves. Alors pourquoi ne pas se pencher sur les expériences similaires menées à l'étranger?

En france, les Zones d'Education Prioritaire existent depuis 1981. 25 ans, c'est me semble-t-il une durée suffisante pour les évaluer.

Quel en est le bilan? Globalement decevant. Voici ce qu'en disent les Echos:
http://www.lesechos.fr/info/rew_france/200065396.htm

Et voici ce qu'en dit Jacques Garello, économiste français:
http://www.libres.org/francais/editorial/archives/editorial_1205/zep_e4905.htm

Que la politique des ZEP ne soit pas une panacée ressort également à mon avis de l'illétrisme dans lequel une tranche assez significative de jeunes français se trouve malgré tout engluée. A ce propos, Alain BENTOLILA, docteur en lettres et en linguistique, nous apprend ceci:

"en 2001, 11,6% des jeunes français de 17 à 18 ans sont en difficulté de lecture et d'écriture. Parmi eux, 6,4% sont en très grave difficulté, c'est-à-dire sérieusement handicapés dans la vie sociale et professionnelle. Cela représente plus de 65.000 jeunes qui sortent chaque année de notre système scolaire avec de sérieuses difficultés de lecture, une très médiocre capacité à mettre en mots écrits leur pensée et souvet une maîtrise toute relative de l'explication et de l'argumentation." ("Une jeunesse abîmée", Tribune de l'Institut Thomas More n° 8 du 5 janvier 2006, p. 2).

BENTOLILA épingle en particulier un pénomène culturel de rejet de l'école dans les ghettos urbains devenus ghettos linguistiques. Dans ces lieux qui ont vocation à devenir des ZEP, il y aurait une forme de fierté et même d'identité à se proclamer inculte:

"Dans une étude récente en Seine-Saint-Denis, on a demandé à des collégiens ce que représentait pour eux la lecture. Plusieurs ont fait cette réponse surprenante: «La lecture, c'est pour les pédés!» ... L'échec devient un signe de reconnaissance du clan. Autre exemple: dans une classe de CP, dans une ZEP de Villeneuve-Saint-Georges [Val-de-Marne], une enseignante de 21 ans tentait désespérément de faire apprendre le mot «succulent». Un enfant s'est levé et a dit: «Ça, c'est un mot pour les filles.» A 6 ans, cet enfant vit déjà dans un monde coupé en deux, celui où le mot rare est un trésor et celui où il est ridicule." (entretien avec BENTOLILA paru dans l'Express du 17/10/2002: http://www.lexpress.fr/info/france/dossier/illetrisme/dossier.asp?ida=357153)

Affecter davantage de moyens aux ZEP permettrait-il de mettre fin à ce malentendu culturel? Ce n'est pas évident!

Même s'il peut se justifier de dépenser davantage pour les écoles avec un fort taux d'échec, il ne s'agit pas de dépenser n'importe comment rien que pour se donner bonne conscience sur le dos du contribuable.

Ne tombons pas dans ce travers qui consiste à diagnostiquer des moyens financiers insuffisants chaque fois qu'une politique publique ne produit pas le résultat escompté.

Ecrit par : Ostrogods | dimanche, 27 août 2006

Je crois que l'on sort un peu du sujet, là, mais il est vrai que l'attitude des jeunes (mais aussi de leurs parents) n'est plus la même qu'il y a 20 ans.

Nous avons tous entendu parler de parents qui déposaient plainte contre les enseignants pour cause d'une punition ou d'une cotation qui ne leur convenait pas. Les exemples de comportements des jeunes déjà donnés se passent de commentaires.

Je ne suis pas convaincu qu'un retour au méthodes traditionnelles d'enseignement changerait cela: c'est le genre d'évolution sur laquelle il est difficile de revenir.

Nous dénonçons tous ici le projet de Arena. D'abord parce qu'il s'attaque à une liberté fondementale, mais aussi, probablement, parce que nous n'en attendons rien de bon: l'intelligence, la culture, pas plus que la beauté ne se décrètent.

Je suis convaincu, comme d'autres, qu'une plus grande diversité dans l'offre pédagogique, si ce n'est pas la solution immédiate, permettrait au moins de faire le tri entre ce qui marche, et ce qui ne marche pas. Maintenant, ça ne marche pas, mais comme on fait pareil partout (ou à peu près), on va tous vers le gouffre. La seule différence, c'est la vitesse à laquelle on y va.

Et effectivement, le chèque éducation, la décentralisation (certainement pas la fusion des réseaux) et la responsabilisation des enseignants y contribueraient.

Ecrit par : paul | dimanche, 27 août 2006

Ce qu'il faudrait, Paul, en plus des mesures sur lesquels vous et moi sommes d'accord, c'est un gouvernement qui siffle la fin de la récréation et qui annonce clairement la couleur : tout parent qui menace un prof ou l'agresse sera immédiatement poursuivi, et en cas de condamnation son fils/sa fille renvoyée de l'établissement. Attendez ! Je crois qu'on est encore en droit d'attendre que le gouvernement fasse respecter l'intégrité physique de tout un chacun !

Quand au mot succulent, je suis surpris qu'on le qualifie de "rare" : tout Bruxellois normalement constitué utilise ce mot une dizaine de fois par jour !

Yoyo

Ecrit par : Yoyo | lundi, 28 août 2006

Ostrogods,

Merci pour tes références sérieuses et bien argumentées.

Toutefois, j'y lis surtout des arguments sur la liberté de choix de l'école (qui existe en Belgique et pas en France) avec laquelle je suis complètement d'accord. Sur les ZEP, c'est plutot un constat sur le fait que la situation des écoles et zones poubelles/ghettos en France est toujours catastrophique (les émeutes des banlieues l'ont bien montré). Le principe d'allouer plus de moyens à ces zones n'est remis en cause nulle part mais seulement les modalités d'applications. L'idée des chèques-éducation proposée par cet économiste est pour moi fort intéressante car elle permettrait d'appliquer une sorte de "discrimination positive" sous controle des parents et pas de l'état (extraits ci-dessous):

"... L'an passé, la commission Thélot avait fait une proposition audacieuse, en suggérant de concentrer les moyens (25 % en plus) sur un plus petit nombre d'établissements..." "...c'est le ministre de la Cohésion sociale, Jean-Louis Borloo, qui s'est véritablement emparé du problème en lançant, cette rentrée, son « plan de réussite éducative » (qui concernera 60.000 élèves, moyennant 1,4 milliard d'euros) pour soutenir les jeunes des quartiers difficiles : relance des internats, équipes de soutien, programme de démocratisation des grandes écoles..."

"...Le diagnostic est sans appel : les ZEP, ces fameuses Zones d’Education Prioritaire sont en faillite. Nicolas SARKOZY l’a proclamé avec force, mais tous les gens lucides en sont conscients depuis longtemps, et les dernières émeutes n’ont fait que convaincre ceux qui en doutaient encore.

Le diagnostic établi, reste maintenant à choisir le traitement. Le Premier Ministre n’a pas voulu remettre en cause le principe des ZEP... Ce n’est pas le principe qui est mauvais, dit-il, mais ses conditions d’application..."

"...Ainsi naît la perspective d’une vraie réforme. Elle consiste à rompre avec le tout-mammouth, à créer les conditions d’une concurrence ouverte et équitable entre le secteur public et les initiatives privées. Ouverte en laissant créer et se développer toutes sortes d’établissements privés, peu importent leur statut et leur mode de gestion. Equitable en distribuant l’argent des contribuables (et il est abondant puisque c’est le plus gros poste du budget) aux familles qui doivent payer les études de leurs enfants (le chèque éducation, ou bon scolaire, a été un succès partout où on l’a adopté)..."

Ecrit par : alain | lundi, 28 août 2006

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